Jui
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Leye Adenle

Mis en ligne par : Laure

Leye Adenle

Leye ADENLE est né au Nigeria en 1975. Il est considéré par sa famille comme la réincarnation de son grand-père, principal de collège, écrivain, et roi des Oshogbos. Il est titulaire d’un diplôme en économie de l’université d’Ibadan (Nigeria) et d’un master en technologies de l’information de l’université East London.

Il vit désormais à Londres où il travaille comme chef de projet et, à l’occasion, acteur.

 

Titre de son dernier roman : Lagos lady, Métailié, mars 2016

 Lagos lady

“Quoi qu’il arrive, ne sortez jamais seul et surtout pas la nuit.” Guy Collins, journaliste britannique médiocre, chargé de couvrir des élections potentiellement violentes, aurait mieux fait d’écouter son chauffeur de taxi. Mais quand le concierge de l’hôtel lui assure que tout se passera bien, que le bar sera rempli de blancs, il décide d’aller boire un verre. Pas de chance, une émeute éclate avant même qu’il finisse son cognac et, trahi par sa curiosité et son goût du scoop, il tombe sur un crime atroce : une prostituée aux seins coupés. Embarqué par une police assez peu portée sur la subtilité, il est bouclé dans une cellule en attendant de savoir ce que le sort lui réserve.

Le sort en l’occurrence se présente en la personne d’Amaka, une magnifique (et mystérieuse) Nigériane impeccablement vêtue, qui, le prenant pour un reporter de la BBC, le tire des griffes du commissaire et lui demande d’enquêter sur ces assassinats, et de témoigner.

Mais notre journaliste n’a pas l’étoffe des héros ; entraîné dans cette sombre histoire de juju, la sorcellerie du cru, il se demande ce qu’il est venu faire dans cette galère, et c’est la belle Amaka, protectrice des prostituées, femme d’action, enquêtrice de choc, qui mène la danse.

Lagos est parfaitement taillée pour le noir : flics corrompus et violents, têtes brûlées aux dents longues et notables pervers se croisent dans les boîtes de nuit interlopes, les soirées mondaines, les bordels. Et la jungle n’est jamais loin. Dans une ville chaotique, constamment embouteillée, les riches font tinter des verres à champagne dans les résidences sous haute surveillance de Victoria Island pendant que les pauvres s’entretuent à l’arme lourde dans les bas quartiers.

Drôle et parfaitement efficace, ce polar survolté plonge au coeur de la ville africaine à la vitesse d’un tir de kalachnikov, porté par une énergie urbaine bouillonnante, dans un Nigeria qui n’est jamais très loin de Tarantino.

Photo, copyright : Patrick Gaillardin